Exposition à Charleroi – 17ème prix national de la photographie ouverte !

10 Jan 2018

Catégorie : Actus

© Claude Van Baelen

269, c’est le nombre de photographes, amateurs ou professionnels, qui ont participé à ce concours dont la notoriété n’est plus à faire, mais qui avait dû accepter une pause de sept années pour raisons budgétaires. Les thèmes étaient divers et variés, au libre choix des participants, d’où le nom de photographie … ouverte !

Le jury, sous la présidence de Georges Vercheval, Directeur honoraire du Musée de la Photographie de Charleroi, a retenu dix-huit de ces photographes dont les candidatures lui étaient présentées de manière anonyme. Des décisions difficiles, comme toujours en pareil cas, d’abord sur base de la démarche photographique, ensuite en fonction de la qualité technique. Les travaux des 18 lauréats sont actuellement exposés au Musée de la Photo.

Parmi ceux retenus, de petites merveilles, particulièrement lorsque la démarche implique un investissement humain à la fois intense et délicat, un peu à l’image du Petit Prince de Saint-Exupéry dans son approche et son apprivoisement du renard. Un apprivoisement indispensable si l’on veut atteindre un niveau de réussite artistique, mais aussi transmettre un message rempli de respect et chargé de sens.

C’est ainsi que Brigitte Grignet, avec son sujet « Present Perfect », arrive à se glisser délicatement dans la peau d’un enfant chilien jouant de l’accordéon, ou celle d’un amour maritime éphémère. Avec « des lieux où le temps est suspendu et les gens vivent encore un mode de vie ancestral. » Ses clichés noir et blanc, remarquables, ont été récompensés par le prix de la Ministre de la Culture.

 

Plus près de chez nous, Frédéric Pauwels, photographe atypique et engagé. On le connaît déjà pour sa photographie décalée, dans le quotidien de femmes prostituées ou du travail d’une accompagnante sexuelle pour personnes handicapées. L’approche est progressive, patiente, extrêmement respectueuse, en témoigne son sujet sur les « Fossoyeurs entre les rives du Styx ». Dans la mythologie grecque, le Styx est le fleuve qui sépare le monde terrestre des Enfers. Et c’est dans ce monde que s’est fondu pudiquement le photographe, là où des dépouilles funéraires sont exhumées en raison de la saturation des cimetières et des concessions arrivées en fin de bail, là où des travailleurs de l’ombre remplissent leur tâche, difficile et odorante. Fallait-il montrer ces photos ? Oui, dans la mesure où elles sont le reflet de la vie, passée, et pourtant encore si présente. Transformer un sujet tabou et rébarbatif en un lieu calme, reposant, rempli de respect et de sincérité, là où le monde s’arrête et vit en même temps. Voilà la démarche attendue, qui a valu à Frédéric Pauwels d’obtenir le 17ème prix national de la photographie ouverte. Chapeau bas.

À voir, et même à revoir jusqu’au 22 avril 2018 au Musée de la Photographie de Charleroi, Avenue Paul Pastur, n° 1.

Eric Bossart – 6 janvier 2018.

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