ESTHER & BEN WOHRMANN sous les ailes du Toucan

15 Avr 2019

Catégorie : Interviews

Article écrit par Madame Network

L’hôtel Van der Valk Charleroi Airport est le seul 4 étoiles plus de la région. À sa tête, Esther & Ben Wohrmann. Un couple rayonnant, complice, heureux parents de quatre enfants et épanouis dans leur complémentarité.

Là où cela semble impossible ou voué à l’échec pour certains, Esther & Ben ont trouvé, depuis de nombreuses années, leur équilibre. Derrière une solide machine rodée depuis quatre générations, sur le terrain et au quotidien, ils aiment se faire confiance et y aller au feeling.

Un hôtel élégant, chaleureux, aux nombreux services et possibilités. Salles de fête, de réunion, en passant par le brunch dansant ou la location d’un poisson rouge pour vous accompagner dans votre chambre si vous êtes seul(e) (si si). Leur brasserie et salon fréquentés par beaucoup de professionnels proposent même un lunch business le midi en semaine. Ça vous dit ?

Pas peu fières de les avoir comme partenaires et après leur participation à notre magnifique inauguration qui fut une réussite ( en grande partie grâce à eux ), il nous semblait évident de vous dévoiler un article sous les ailes du toucan.

ESTHER

Photo © Déborah Gigliotti

COMMENT EN ES-TU ARRIVÉE À GÉRER L’HÔTEL CHARLEROI AIRPORT ?

À la base, j’étais destinée à devenir institutrice primaire. Lors de mes études, pour « mettre du beurre dans les épinards », je travaillais à l’hôtel Van der Valk de Nivelles, d’où je suis originaire. Dès mon premier jour, lorsque nous nous sommes rencontrés, ça a été l’évidence pour nous deux. Le coup de foudre ! Trois mois plus tard, nous étions ensemble, au bout de 6 mois, j’arrêtais mes études et je partais avec Ben dans l’aventure hôtelière à Gosselies. Nous avions un peu plus de 20 ans. Évidemment pour mes parents, qui étaient eux aussi indépendants, c’était beaucoup de changements et ils appréhendaient cette situation. Ayant vu les parents de Ben très heureux et épanouis dans ce modèle de couple travaillant ensemble, je n’ai pas eu peur, au contraire, et la suite a prouvé que j’avais raison.

QUEL ÉTAIT TON RÊVE QUAND TU ÉTAIS PETITE ?

Ouvrir un « merendero » ( snack-bar ) sur la plage ! Petite, je passais beau
coup de temps en Espagne chez ma grand-mère et cette idée me plaisait bien. Comme quoi, je me voyais déjà dans l’Horeca mais avec le soleil en plus !

QUELLES SONT TES PASSIONS ?

J’adore les voyages mais j’en fais très peu. Ces quinze dernières années, on a beaucoup travaillé. Les cinq premières années sur le développement de l’hôtel. Les suivantes, et non des moindres, j’ai contribué quatre fois à fonder la cinquième génération ! Ce qui ne me permet pas beaucoup de voyager… On commence seulement à profiter un peu maintenant que les enfants sont plus grands. J’aime beaucoup visiter les villes, les musées, explorer et découvrir d’autres cultures.

QU’AIMES-TU LE PLUS DANS TON TRAVAIL ?

Le développement de projets. Préparer, voir pousser et ouvrir un hôtel, c’est une grande satisfaction. Pour le moment, nous travaillons sur l’hôtel de Mechelen.

AS-TU BESOIN D’ÊTRE CRÉATIVE DANS TON TRAVAIL ?

Oui bien-sûr, que ce soit pour la décoration, la mise en place de nouveaux services comme un wellness, tout est possible mais il faut aller au bout de ses idées et travailler dur.

QUEL EST LE PLUS DUR SELON TOI DANS LE SECTEUR HÔTELIER ?

C’est dommage mais, en général, travailler dans l’hôtellerie n’est pas valorisé. Du coup, nous avons du mal à trouver des personnes qui ont envie de se donner à fond et pour longtemps. Pour le moment, croisons les doigts, tout se passe bien mais cela reste le point le plus délicat.

C’EST COMMENT DE TRAVAILLER AVEC SON HOMME ?

C’est top ! Dans la situation dans laquelle on est, travaillant dans le secteur hôtelier, si tu veux voir ton mari, il vaut mieux bosser avec lui. On se comprend, on partage plein de choses et on ne pourrait pas vivre ce que l’on vit si on ne bossait pas ensemble. Bizarrement, nous ne sommes jamais d’accord mais cela apporte de la démocratie. Il s’éveille toujours à ce que je pense, il écoute mes conseils, il est assez souple d’esprit sauf s’il est convaincu de son idée !

EST-CE QUE VOUS PRENEZ DES MOMENTS DE RÉFLEXION POUR TRAVAILLER ENSEMBLE OU VOUS Y ALLER AU FEELING ?

Totalement au feeling ! Notre vie est une improvisation ! Ce sont des opportunités qui se présentent et on y va.

COMMENT FAIS-TU POUR CONCILIER VIE DE FEMME, VIE DE MÈRE ET VIE PROFESSIONNELLE ?

J’improvise également mais ce n’est pas toujours évident… Parfois l’école de mes enfants me remonte les bretelles quand je n’ai pas signé le journal de classe depuis une semaine. Ben et moi sommes tous les deux très famille et très bien entourés. Mes parents habitent à côté de chez nous, ce qui nous facilite la vie et enlève pas mal de stress.

QUELLE EST L’EXPÉRIENCE QUI T’A LE PLUS ENRICHIE ?

J’apprends tous les jours. S’adapter au désir du client au maximum est une remise en question quotidienne. On a
des procédures à suivre mais ce n’est pas toujours évident. Il faut s’adapter sans cesse.

UN CONSEIL POUR CELLES ET CEUX QUI SOUHAITENT BOSSER ENSEMBLE ?

Être très amoureux et avoir un couple solide. Parfois, on se prend la tête pour des bêtises mais ce n’est jamais grave. Il ne faut jamais s’endormir fâchés ni dormir sur le canapé. D’ailleurs mon canapé n’est pas confortable pour cette raison ! ( rires )

COMPTES-TU ORIENTER VOS ENFANTS VERS L’HÔTELLERIE ?

Non, mais par la force des choses à la maison tout tourne autour de ça et avec passion. Nous sommes tous portés par cette dynamique, par cette identité familiale intergénérationnelle. Les grands-parents de nos enfants, les oncles, les tantes, les cousins, toute la famille est dans le bateau et personne n’a envie de quitter le navire. C’est une identité, un projet qui nous rassemble. C’est comme une culture. Au début, pour moi, il y a 15 ans, c’était comme si j’arrivais dans un nouveau pays : il faut prendre ses repères, il faut s’y habituer. Finalement, je m’en suis nourrie,
enrichie, grandie et cela est devenu une source de bonheur inconditionnel. J’ose penser qu’il en sera de même pour mes enfants mais ils ont absolument toute la liberté de faire ce qu’il leur plaira.

UN CONSEIL DE CHEF D’ENTREPRISE ?

Il faut faire ce que l’on aime et en être convaincu(e).

ÊTES-VOUS COMPLÉMENTAIRES ?

Oui totalement, moi je suis plus dans le détail et lui dans la globalité.

OÙ TE VOIS-TU DANS DIX ANS ?

Pourquoi pas Namur ?! J’adore cette ville.

EST-CE QUE TA VIE PROFESSIONNELLE EST UN FACTEUR D’ÉPANOUISSEMENT PERSONNEL ?

Oui tout à fait ! C’est même plus que ça ! C’est un choix de vie. 

BEN

Photo © Déborah Gigliotti

PEUX-TU NOUS PARLER DE LA CHAINE D’HÔTELS VAN DER VALK ET DE CE QUI VOUS DIFFÉRENCIE ?

Van der Valk est un groupe hôtelier unique en son genre. Premièrement, parce que nous sommes la chaine d’hôtels familiale la plus grande au monde avec plus de cent hôtels, tous gérés par un membre de la famille. Deuxièmement, chez Van der Valk, la restauration est aussi importante que les chambres. Un hôtel classique fait normalement environ 80 % du chiffre d’affaires avec ses chambres et un petit 20 % avec la restauration. Chez Van der Valk, on est à du 50-50.

COMMENT EN ES-TU ARRIVÉ À GÉRER L’HÔTEL CHARLEROI AIRPORT ?

Moi, c’est un peu comme Obélix, je suis tombé dedans quand j’étais petit !
Ben J’ai un parcours scolaire classique, ensuite tout ce que je devais apprendre, je l’ai appris en interne avec mes parents. Ce que nous proposons, on ne sait pas l’apprendre ailleurs, donc j’estime avoir été dans la meilleure école : l’école de la vie. En 2005, à 23 ans, je me suis vu confier cet hôtel qui était, à la base, destiné à mon oncle, qui a finalement eu d’autres projets. Avec Esther et nos équipes, nous avons beaucoup travaillé pour arriver au résultat d’aujourd’hui.

QUELS SONT TES HOBBIES ?

Le sport en général, surtout le vélo. Il n’est pas toujours facile de maintenir une hygiène de vie saine dans notre domaine, donc pour entretenir ma condition physique et ma santé, j’aime faire du vélo.

QUEL EST L’ASPECT QUE TU PRÉFÈRES DANS TON MÉTIER ?

Dans la journée, il n’y a pas deux minutes qui se ressemblent. Ça change tout le temps, tous les jours. Que ce soit les clients, les problèmes, les solutions
qu’on y apporte, les nombreuses personnes que nous rencontrons, la cuisine, la réception, les événements, etc. C’est très varié et très enrichissant.

QUEL EST LE PLUS DUR, SELON TOI, DANS LE SECTEUR HÔTELIER ?

La gestion du personnel.

COMMENT C’EST DE TRAVAILLER AVEC SA FEMME ?

Nous avons la chance d’avoir un établissement très grand où chacun peut évoluer sans être l’un sur l’autre. Si on compare avec un magasin de fleurs de 50 m2, c’est très différent.

EST-CE QUE VOUS PRENEZ DES MOMENTS DE RÉFLEXION POUR TRAVAILLER ENSEMBLE OU VOUS Y ALLEZ AU FEELING ?

C’est très souvent de la totale impro ! Je pense que c’est important de laisser de l’air à l’autre, de le laisser évoluer à sa façon et d’avoir confiance en lui. Mais aussi de bien se répartir les tâches pour être optimal. Notre complémentarité fait notre force.

TU ÉTAIS PRÉDESTINÉ, COMME TOUS LES MEMBRES DE TA FAMILLE, À DEVENIR UN JOUR DIRECTEUR D’UN HÔTEL MAIS AVAIS-TU D’AUTRES RÊVES DE CARRIÈRE ?

Personne n’est poussé à suivre ce chemin dans ma famille, c’est une fierté. Je baigne depuis toujours dans cet univers et c’est tout naturellement que j’ai suivi cette voie. Sinon peut-être une carrière de cycliste.

SELON TOI, EST-CE PLUS DUR POUR UNE FEMME D’ÊTRE CHEF D’ENTREPRISE OU LES FEMMES SE METTENT-ELLES DES FREINS ?

Aucun des deux. Peut-être que certaines femmes se mettent des freins mais pas la mienne. Elle sait ce qu’elle doit gérer ou pas et elle le fait très bien.

AURAIS-TU FAIT LES MÊMES CHOIX DE VIE SI TU AVAIS ÉTÉ UNE FEMME ?

Oui. C’est très sportif comme style de vie mais oui. Que je sois un homme ou une femme, la décision de faire quatre enfants est un choix de couple. Nous sommes très famille et cette décision, nous l’avons prise ensemble. Je referais pareil.

COMMENT VOIS-TU L’ÉVOLUTION DU SECTEUR HÔTELIER ?

Que ce soit à Charleroi ou ailleurs en Belgique, le secteur hôtelier est un domaine qui se porte bien. En ce qui nous concerne, nous avons connu l’hôtel avec l’aéroport à ses débuts et tel qu’il s’est développé aujourd’hui. Ce facteur n’influence pas tellement les prix car c’est un aéroport low-cost. Par exemple, les hôtels VDV de Mons ou Nivelles n’ont pas d’aéroport mais ils ont autant de business, voire plus avec des prix plus élevés.
Depuis nos débuts, il y a eu beaucoup d’offres hôtelières qui se sont ajoutées et il y a encore beaucoup de projets un peu partout dans Charleroi, qui semblent, à mes yeux, un peu prématurés.

”Notre complémentarité fait notre force.”

Je pense qu’il ne faudrait pas construire davantage d’hôtels à Charleroi au risque de nuire à ceux qui existent déjà : il y aurait trop de concurrence. Il faut rester dans un bon créneau et ne pas tomber dans
la démesure. Tout miser sur l’aéroport n’est pas forcément bon non plus : attendons le développement de la ville. Si dans dix ans, Charleroi continue à évoluer comme, par exemple, Liège et Lille, qui ont connu de gros investissements il y a 15 ou 20 ans, alors oui il y aura certainement de la place pour plus d’hôtels.

OÙ TE VOIS-TU DANS DIX ANS ?

J’aimerais encore créer des établissements, notamment pour mes enfants, en restant dans la gamme 4 étoiles plus. Namur est une ville qui m’intéresse.

COMPTES-TU ORIENTER VOS ENFANTS VERS L’HÔTELLERIE ?

Nos enfants sont déjà très participatifs, ils s’amusent, et ils aiment nous aider dès qu’ils le peuvent. Que ce soit en cuisine, à la réception, au bar, on peut déjà voir les centres d’intérêts de chacun. C’est plus qu’un métier, c’est un choix de vie.

EST-CE QUE TA VIE PROFESSIONNELLE EST UN FACTEUR D’ÉPANOUISSEMENT PERSONNEL ?

Oui complètement.

Shape’n Go , le premier fast-food consacré aux sportifs
JLB Riddim, prêcheur reggae carolo
Partager l'article
Share on Facebook
Facebook
0 Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin
Top